49ᵉ ange du Shem ha-Mephorash
Vehuel
TranslittérationVehu-el
Élévation, reconnaissance par les grands
La tradition
Vehuel — translittéré Vehu-el — porte dans ses trois lettres initiales une racine hébraïque que la tradition kabbalistique associe à la notion d'élévation, de hauteur ou d'exaltation, tandis que le suffixe -el affirme la référence divine, inscrivant ainsi dans le nom même la tension vers ce qui surpasse et transfigure. Ce nom est extrait, selon le procédé du Shem ha-Mephorash, des trois versets de l'Exode (14:19-21) par la combinaison de leurs lettres successives, méthode compilée et transmise en français par Lazare Lenain dans sa Science Cabalistique de 1823, première synthèse systématique de ce corpus en langue française.
Vehuel appartient au chœur des Principautés, troisième ordre de la troisième triade angélique selon la hiérarchie transmise par le Pseudo-Denys l'Aréopagite et reprise par la scolastique médiévale. La tradition attribue aux Principautés une fonction d'orientation des collectivités humaines : nations, cités, communautés organisées relèvent symboliquement de leur gouvernance. Ces anges sont traditionnellement associés au sens du bien commun, à la juste mesure dans l'exercice de l'autorité et à la responsabilité envers le groupe. Vehuel s'inscrit dans cet ordre comme l'une des intelligences chargées, selon Lenain, d'une dimension particulière de ce gouvernement des hommes par le biais de l'élévation morale et de la reconnaissance sociale.
Sa sephira de rattachement est Netzah, septième sephira de l'Arbre de Vie, que la tradition kabbalistique associe à la victoire, à la persistance, à la force qui s'affirme dans la durée. Netzah est également liée à l'élan vital, à la désirabilité et à la capacité de surmonter les obstacles par une énergie continue plutôt que par la seule puissance immédiate. Vehuel déclinerait une facette particulière de cette qualité divine : non la victoire brutale, mais l'élévation progressive et reconnue, la façon dont une âme ou une entreprise monte vers la lumière par la constance et la dignité de ses actes.
L'attribut tutélaire que Lenain lui prête est celui de l'élévation et de la reconnaissance par les grands. La tradition lui attribue symboliquement une association avec les figures qui s'élèvent au-dessus de leur condition initiale, non par la seule ambition personnelle, mais par la vertu, le mérite et la profondeur intérieure. Il est traditionnellement associé aux personnes qui cherchent à s'instruire, à se raffiner, à porter en elles une aspiration vers ce qui est plus noble. La reconnaissance qu'on lui prête n'est pas la flatterie des foules, mais l'estime éclairée de ceux qui ont eux-mêmes atteint une certaine hauteur de vue — les « grands » désignant, dans l'esprit de la tradition, autant des supérieurs spirituels que des personnages d'autorité morale.
Sa période de régence solaire s'étend du 11 au 19 novembre, dans le signe du Scorpion. Le Scorpion occupe dans le cycle zodiacal une position liée aux transformations profondes, aux passages entre états, à la capacité de traverser l'obscurité pour accéder à une forme renouvelée. Cette position de Vehuel dans la séquence des 72, en quarante-neuvième place, le situe à l'approche de la moitié descendante du cycle hivernal de l'hémisphère nord, moment où la lumière diminue et où l'intériorité prend le pas sur l'extériorisation.
Figure de la montée silencieuse et de la dignité reconnue, Vehuel représente dans la cosmologie kabbalistique telle que la transmet Lenain l'aspiration à s'élever sans cesser d'appartenir à la communauté des hommes.