9ᵉ ange du Shem ha-Mephorash
Haziel
TranslittérationHaz-iel
Miséricorde divine, pardon des fautes
La tradition
Haziel — transcription de l'hébreu חֲזִיאֵל, Haz-iel — est un nom dont la racine hébraïque ḥāzāh (חָזָה) évoque la vision, le regard intérieur, la contemplation ; le suffixe -el, commun à la majorité des noms angéliques, désigne la divinité elle-même. Ce nom pourrait ainsi se lire comme « la vision de Dieu » ou « celui qui contemple l'Éternel », une étymologie cohérente avec la tradition kabbalistique qui tire les soixante-douze noms du Shem ha-Mephorash des trois versets consécutifs de l'Exode (14:19-21) par entrelacement de leurs lettres.
Haziel appartient au chœur des Chérubins, première triade angélique selon la hiérarchie transmise par le Pseudo-Denys l'Aréopagite et reprise par la scolastique médiévale. Les Chérubins ne sont pas, dans cette lecture symbolique, les angelots ailés de l'iconographie baroque : la tradition les représente dotés de quatre visages — homme, lion, taureau, aigle —, gardiens de l'Arche d'alliance et, dans le registre kabbalistique, agents d'une connaissance illuminative qui précède et dépasse la raison discursive. Leur fonction est de tenir ouverts les seuils entre le divin et le créé, de transmettre la lumière intelligible sans la fragmenter.
Son rattachement à la sephira Hokmah, la Sagesse primordiale, situe Haziel dans la seconde émanation de l'Arbre séphirotique, immédiatement après Kether. Hokmah est traditionnellement décrite comme l'éclair initial de l'intuition divine, antérieure au déploiement logique de Binah (l'Intelligence) : c'est la Sagesse du cœur plutôt que du raisonnement, le point de lumière non encore divisé en concepts. L'inscription de Haziel dans cette sephira suggère, selon la lecture symbolique de Lenain, un ange dont la nature est fondamentalement contemplative et originelle, tourné vers les sources premières du divin plutôt que vers leurs effets dans le monde manifesté.
L'attribut tutélaire que la tradition lui prête est la miséricorde divine et le pardon des fautes. Lazare Lenain, dans sa compilation de 1823, rapporte que Haziel est associé à une qualité de grâce inconditionnelle, à cette dimension du divin — désignée en hébreu par le terme ḥesed (חֶסֶד) — qui transcende la logique du mérite et de la dette. Dans la symbolique kabbalistique, la miséricorde n'est pas une indulgence passive mais une force active de restauration : elle ramène ce qui s'est éloigné vers son centre originel. Haziel, en tant que déclinaison chérubique de Hokmah, lui serait ainsi traditionnellement associé dans les lectures qui voient en lui une figure du retour à la source, du rétablissement d'un lien rompu entre la créature et son principe.
Sa période de régence solaire s'étend, selon la répartition des soixante-douze anges sur l'année, du 29 avril au 3 mai. Cette fenêtre s'inscrit sous le signe du Taureau, au cœur du printemps européen : une période du cycle annuel que les traditions symboliques associent volontiers à la consolidation des germes levés à l'équinoxe, à la plénitude naissante de la vie avant la chaleur estivale. Haziel occupe la neuvième position dans la séquence du Shem ha-Mephorash, un chiffre qui résonne dans la numérologie hébraïque avec l'achèvement d'un premier cycle et l'ouverture d'un suivant.
Figure de la contemplation et de la clémence, Haziel illustre, dans la grammaire symbolique de la Kabbale transmise en Occident, cette conviction que la Sagesse primordiale est indissociable d'une miséricorde fondatrice — que voir Dieu, c'est déjà, d'une certaine façon, être pardonné d'exister séparé de lui.